Un des slogans de l'Espagne, qui date de l'époque du "franquisme plus soft" - à savoir des années 60 - et avait pour but d'attirer l'attention des touristes européeens sur les attraits de l'exotisme tempéré qui caractérise la péninsule ibérique est " Spain is different " et, au vu du chaos qui sévit actuellement dans les aéroports de mon pays d'adoption, il semble que le refrain ne soit plus que jamais de mise.
Effectivement, l'Espagne est un peu différente ... l'Espagne peut se vanter, outre ses mérites réels et son énergie vitale, d'avoir décroché depuis peu un record : celui du nombre de passagers aériens laissés en rade dans différents aéroports espagnols (Barajas à Madrid et El Prats à Barcelone) et sudaméricains suite à la cessation brutale quoiqu'annoncée de la compagnie lost cost Air Madrid ... une bagatelle de 130.000 passagers dont quelques milliers ont quand même pu s'embarquer depuis vendredi 15, jour de la cessation, dans des avions affrêtés par le gouvernement ou à bord de vols d'autres lignes.
Aléas du libéralisme, dirons certains, aléas que doivent supporter ceux dont le billet aller retour s'est converti en un zéro pointé ("tu pars pas, tu rentres pas ...") mais aussi les voyageurs qui se trouvent actuellement de l'autre côté de l'Océan, en suspens, leurs billets d'aller retour réduits à des allers simple ponctués d'un cynique point d'interrogation et qui sont généralement des immigrés installés dans notre pays, maintenant dans l'impossibilité de rejoindre leurs postes de travail. Beaucoup de cas bien tristes de mères, par exemple, qui n'avaient pas vu leurs enfants laissés en Équateur depuis des années et ne pourront pas les retrouver pour les fêtes en dépit des sacrifices nécessaires à l'achat d'un billet aller/retour.
Une de mes amies panaméennes (qui ne se trouve pas dans une situation personnelle aussi critique) est néanmoins coincée à ce jour dans son pays d'origine alors que son activité professionnelle va la réclamer d'ici peu à Barcelone. Elle a profité de son chaotique vol d'aller (attente de près de 24 heures à l'appui, escale aussi imprévue qu'interminable au Costa Rica) pour prendre des photos de l'avion ... dont celle de son siège qui n'était pas pourvu de tablette, à l'instar de celui de son voisin de travée, images qui font froid dans le dos à posteriori si l'on imagine que la mécanique est à l'avenant de l'aménagement de l'appareil ...
La faillite d'Air Madrid est en quelque sorte la chronique d'une mort annoncée (pas besoin d'être un médecin légiste de l'économie pour interpréter les symptômes - retard en chaîne et accumulables, problèmes techniques, etc ...) ou bien la chronique de morts évitées car, en dépit des problèmes/scandale actuels, la compagnie n'a eu à déplorer aucun accident mortel en ses presque trois ans d'activité, chose qui serait peut-être arrivée par la suite.
Effectivement, l'Espagne est un peu différente ... l'Espagne peut se vanter, outre ses mérites réels et son énergie vitale, d'avoir décroché depuis peu un record : celui du nombre de passagers aériens laissés en rade dans différents aéroports espagnols (Barajas à Madrid et El Prats à Barcelone) et sudaméricains suite à la cessation brutale quoiqu'annoncée de la compagnie lost cost Air Madrid ... une bagatelle de 130.000 passagers dont quelques milliers ont quand même pu s'embarquer depuis vendredi 15, jour de la cessation, dans des avions affrêtés par le gouvernement ou à bord de vols d'autres lignes.
Aléas du libéralisme, dirons certains, aléas que doivent supporter ceux dont le billet aller retour s'est converti en un zéro pointé ("tu pars pas, tu rentres pas ...") mais aussi les voyageurs qui se trouvent actuellement de l'autre côté de l'Océan, en suspens, leurs billets d'aller retour réduits à des allers simple ponctués d'un cynique point d'interrogation et qui sont généralement des immigrés installés dans notre pays, maintenant dans l'impossibilité de rejoindre leurs postes de travail. Beaucoup de cas bien tristes de mères, par exemple, qui n'avaient pas vu leurs enfants laissés en Équateur depuis des années et ne pourront pas les retrouver pour les fêtes en dépit des sacrifices nécessaires à l'achat d'un billet aller/retour.
Une de mes amies panaméennes (qui ne se trouve pas dans une situation personnelle aussi critique) est néanmoins coincée à ce jour dans son pays d'origine alors que son activité professionnelle va la réclamer d'ici peu à Barcelone. Elle a profité de son chaotique vol d'aller (attente de près de 24 heures à l'appui, escale aussi imprévue qu'interminable au Costa Rica) pour prendre des photos de l'avion ... dont celle de son siège qui n'était pas pourvu de tablette, à l'instar de celui de son voisin de travée, images qui font froid dans le dos à posteriori si l'on imagine que la mécanique est à l'avenant de l'aménagement de l'appareil ...
La faillite d'Air Madrid est en quelque sorte la chronique d'une mort annoncée (pas besoin d'être un médecin légiste de l'économie pour interpréter les symptômes - retard en chaîne et accumulables, problèmes techniques, etc ...) ou bien la chronique de morts évitées car, en dépit des problèmes/scandale actuels, la compagnie n'a eu à déplorer aucun accident mortel en ses presque trois ans d'activité, chose qui serait peut-être arrivée par la suite.
J'ignore si sur la liste des carences en vol figurent aussi les écrans de télé mais j'imagine que si Air Madrid avait quand même les moyens d'offrir un film à ses voyageurs long courrier, celui-ci n'aurait pas dû s'intituler "Y-a-t-il un pilote dans l'avion?" mais "Y-a-t-il un avion sur la piste?".
Un film d'humour noir, truffé de dialogues qui donnent des frissons.
VOYAGEUSE (à l'hôtesse) : J'ai l'impression qu'il manque plein de gilets de sauvetage sous les sièges.
HÔTESSE : Vous n'allez pas me faire croire que vous êtes aussi naïve pour croire à l'utilité des gilets de sauvetage en cas d'amerissage ? à moins que vous ne soyez un Yan Thorpe, ils ne servent à rien d'autre que de nous permettre de faire le pitre avant le décollage.
VOYAGEUSE : Et la tablette ? Mon siège n'a pas de tablette.
HÔTESSE : Oh la la, ce que vous pouvez être titilleuse ... Écoutez-moi bien, ma petite demoiselle : si vous n'avez pas les moyens de vous payer un billet un peu plus cher, arrêtez de vous plaindre pour des broutilles. Nous avons dû choisir entre fournir une tablette à tous les sièges ou équiper l'avion d'un train d'aterrissage qui fonctionne. Estimez-vous heureuse parce que nous avons choisi la deuxième solution ...
Spain is different, for sure ... et c'est aussi pour cela que l'Espagne a réussi à passer en très peu de temps et sans trop de heurts d'un pays d'émigrés à une terre d'accueil pour l'immigration, qu'elle a absorbé en moins d'une dizaine d'années une immigration représentant plus d'un dizième de sa population, une sorte de miracle humain dans un environnement économique dont la croissance est au-dessus de la moyenne de l'union.
Rançon de la gloire : le besoin croissant de places aériennes conduit à la prolifération des compagnies low cost, et celle-ci alliée aux tarifs prohibitifs que pratique - pour ne citer qu'elle - Ibéria a conduit au chaos actuel.
Permettez-moi d'être optimiste et de penser qu'il ne s'agit que d'un chaos transitoire ... bonnes fêtes à tous .

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