Friday, January 05, 2007

LES MEILLEURS VOEUX SOUS LES DÉCOMBRES


Se réveiller le 1er janvier avec la gueule de bois est banal à crever, le faire deux jours avant tient plus d'un subliminal esprit d'anticipation (ou d'alcoolisme chronique). C'est pourtant ce qui nous est arrivé ici, de l'autre côté des Pyrénées : nous nous sommes réveillés le samedi 30 décembre avec un drôle de goût dans la bouche, avec de la poudre plein la gorge : l'ETA venait de frapper et de rompre cette fragile trêve des confiseurs qu'elle avait proclamée fin mars dernier (lire les posts précédents). L'espoir d'une paix durable - voire définitive ... - venait de partir en colonnes de fumée rageuse dans le parking flambant neuf du nouveau terminal de l'aéroport de Barajas.
Ainsi, deux jours avant le début de 2007, les voeux pour un pays plus équilibré ont été ensevelis sous des milliers de tonnes de décombres, comme ont été ensevelies à tout jamais les vies de deux jeunes équatoriens venus tenter l'aventure de l'immigration en Europe et dont le seul crime a consisté à s'endormir dans leurs voitures et ne pas entendre l'avis d'évacuation immédiate du parking.
Il faut reconnaître au passage que le terrorisme basque se situe deux ou trois crans en-dessous de l'islamiste sur l'échelle de la barbarie universelle puisque les premiers ont l'habitude de prévenir de leurs attentats imminents pour permettre de limiter les dégâts.
Deux vies dans la vingtaine, c'est déjà beaucoup pour défendre une cause nationaliste. Des jours et des jours passés par les pompiers pour sortir des tonnes et des tonnes de décombres semble un travail trop triste et stérile. Un gâchis sur toute la ligne.
Reste à espérer que cet acte de violence ne soit que le dernier sursaut d'une poignée d'aveuglés qui se prennent pour des illuminés et ont joué de l'explosif depuis l'énergie du désespoir, mais la réalité est sans doute moins rose bombon et on se demande comment érradiquer des idéologies contre lesquelles la raison ne peut rien.
Je dédie ce post à Marc avec qui j'ai parlé de ce thème l'autre jour.

1 comment:

Anonymous said...

il y a quelques siecles, Voltaire disait " que peut-on dire à un homme prêt à vous égorger au nom de Dieu et qu'il est heureux car il est certain de gagner ainsi le paradis ? " Sacré Voltaire, qui n'avait pas encore rencontré un sbire d'al qaida, mais connaissait l'inquisition que peut pondre toute religion. Que peut-on dire à celui qui est prêt à causer la mort ne serait-ce que d'un seul homme, juste pour exprimer une idée qu'il croit juste ? On peut espérer qu'il se réveille un jour de son somnambulisme mortifère...
kemar